
Lina et la lune qui avait perdu sa lumière
Lina avait trois ans et, chaque soir, elle aimait dire bonne nuit à la lune avant de se glisser sous sa couette.
Elle ouvrait les rideaux, montait sur la pointe des pieds et cherchait dans le ciel la grande lumière ronde.
— Bonne nuit, Madame Lune ! disait-elle.
Mais un soir, Lina s’arrêta devant la fenêtre. La lune était là… pourtant elle brillait à peine. Elle ressemblait à une petite lampe presque éteinte.
— Oh ! Madame Lune, qu’est-ce qui t’arrive ? demanda Lina.
Une voix très douce descendit du ciel.
— J’ai perdu une partie de ma lumière, répondit la lune. Toute la journée, les petits soucis des enfants sont montés jusqu’à moi. Ils se sont posés sur mes rayons comme de la poussière.
Lina réfléchit très fort.
— Comment peut-on nettoyer la lumière ?
— Avec trois petits bonsoirs heureux, expliqua la lune. Mais ils doivent être vrais et venir du cœur.
Lina regarda autour d’elle. Sur son lit était posé Pompon, son lapin en peluche. Elle le prit dans ses bras.
— Bonne nuit, Pompon. Merci d’être avec moi quand je dors.
Tout là-haut, un petit rayon apparut sur la lune.
— Ça marche ! s’écria Lina.
Elle retourna à la fenêtre. Dans le jardin, le vieux pommier bougeait doucement dans le vent.
— Bonne nuit, pommier. Merci pour ton ombre et pour tes pommes.
Un deuxième rayon éclaira le ciel.
Il ne manquait plus qu’un bonsoir heureux. Lina chercha dans sa chambre, puis elle entendit sa maman marcher dans le couloir.
Lina courut lui faire un câlin.
— Bonne nuit, maman. Merci pour les histoires et les bisous.
Alors la lune se mit à briller de plus en plus fort. Sa lumière passa sur les toits, glissa le long des arbres et entra doucement dans la chambre de Lina.
— Merci, Lina, dit Madame Lune. Tes trois bonsoirs ont chassé toute la poussière de mes rayons.
— Est-ce que tu perdras encore ta lumière demain ? demanda Lina.
La lune sembla sourire.
— Peut-être un petit peu. Mais chaque soir, quelque part, un enfant dit merci, fait un câlin ou pense à quelque chose qu’il aime. Et ma lumière revient toujours.
Lina se glissa sous sa couette avec Pompon. Sa maman déposa un baiser sur son front et éteignit la lampe.
La chambre n’était pas tout à fait noire. Un petit rayon de lune dessinait un cercle clair sur l’oreiller.
Lina ferma les yeux.
— Bonne nuit, Madame Lune.
Et dans le ciel, la lune brilla juste un tout petit peu plus fort.









