
Milo le petit hérisson qui n’arrivait pas à dormir
Dans une forêt douce et tranquille vivait Milo, un tout petit hérisson. Sa maison se cachait sous les racines d’un grand chêne. Elle était tapissée de mousse, de feuilles sèches et d’un petit morceau de laine que sa maman avait trouvé près d’une cabane.
Chaque soir, quand le soleil disparaissait derrière les arbres, les habitants de la forêt se préparaient à dormir. Les oiseaux rentraient dans leur nid. Les lapins se blottissaient dans leur terrier. Même les papillons fermaient leurs ailes.
Mais ce soir-là, Milo tournait dans son petit lit.
Il se mettait sur le dos. Puis sur le côté. Puis en boule. Puis encore sur le dos.
— Je n’arrive pas à dormir, soupira Milo.
Il essaya de compter les feuilles au plafond de sa maison. Une feuille, deux feuilles, trois feuilles… À la quatrième, il avait déjà oublié où il en était.
Il essaya de fermer les yeux très fort. Mais plus il voulait dormir, plus ses yeux avaient envie de s’ouvrir.
Alors Milo sortit doucement de sa maison. La forêt était toute bleue sous la lune. Sur une branche, Madame Chouette ouvrit un œil.
— Pourquoi te promènes-tu encore, petit Milo ? demanda-t-elle.
— Le sommeil ne veut pas venir.
Madame Chouette sourit.
— Le sommeil n’aime pas qu’on lui coure après. Il préfère arriver tout doucement. Va chercher trois sons calmes dans la forêt, puis rentre dans ton lit.
Milo marcha jusqu’aux hautes herbes. Le vent les faisait bouger doucement.
Chhhh… chhhh… chhhh…
— Voilà mon premier son calme, murmura Milo.
Un peu plus loin coulait un petit ruisseau. Une goutte tombait d’une pierre dans l’eau.
Ploc… ploc… ploc…
— Voilà mon deuxième son calme.
Milo retourna enfin sous le grand chêne. Lorsqu’il entra dans sa maison, il entendit sa maman respirer dans son sommeil.
Doucement… doucement… doucement…
Milo sourit. Il avait trouvé son troisième son calme.
Il se glissa dans son petit lit de mousse. Cette fois, il ne chercha plus à dormir. Il écouta simplement les trois sons dans sa tête.
Chhhh… les herbes. Ploc… le ruisseau. Doucement… la respiration de maman.
Puis Milo dit bonne nuit à ses petites pattes. Bonne nuit à son petit nez. Bonne nuit à ses oreilles. Et bonne nuit à chacun de ses piquants, même s’il y en avait beaucoup trop pour les compter.
Ses paupières devinrent lourdes. Très lourdes.
Et sans même s’en apercevoir, Milo s’endormit.
Dehors, Madame Chouette regarda la lune et chuchota :
— Bonne nuit, petit Milo.









